Affichage des articles dont le libellé est roman italien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est roman italien. Afficher tous les articles

19.8.08

La double vie de Vermeer, de Luigi Guarnieri

Encore un bouquin dont j'ai entendu parler je ne sais plus où... Je devrais noter mes sources à chaque fois, pour me souvenir de celles qui correspondent le mieux à mes goûts...

La double vie de Vermeer raconte l'incroyable histoire d'un faussaire de génie, Han Van Meergeren, qui réussit à tromper les meilleurs experts, conservateurs de musées et collectionneurs du début du vingtième siècle, en produisant pas moins de dix faux Vermeer, dont quelques uns furent en leur temps salués comme de véritables chefs d'oeuvre du "maître de Delft"... et comme de véritables petits miracles, car l'oeuvre qui nous reste dudit maître, pour être splendide, n'est pas très importante en nombre.

Tout ça parce que Monsieur Van Meergeren voulait se venger des critiques d'art, qui méprisaient ses oeuvres originales - à contre courant des modes, les temps étant déjà à "l'art moderne"- et qu'il voulait ridiculiser. Son objectif fut, paradoxalement, parfaitement atteint lorsqu'il se fit pincer par la justice : il allait enfin pouvoir confondre les experts et démontrer que leurs appréciations ne valaient pas un clou.

L'auteur en profite pour nous narrer aussi la biographie du "vrai" Veermer, dont on sait finalement peu de choses, et la macabre fin de Goering, qui fut l'un des collectionneurs trompés par notre faussaire, avec "Le Christ et la femme adultère".

J'avais commencé ce livre avant les vacances, et l'avais oublié à côté de mon lit, où je l'ai retrouvé en rentrant : c'est dire qu'il ne m'a pas passionnée. Si le sujet me semblait intéressant, je n'ai pas été enthousiasmée par la lecture. Outre le fait que le personnage principal n'est pas très sympathique, l'écriture ne m'a pas séduite. Trop lourde ? Trop narrative ? Peut-être, midinette, m'attendais-je à quelque chose du même genre que La jeune fille à la perle, que j'avais lu avant que ce soit un film et beaucoup aimé. Ou à un autre genre d'extrapolation que celle de Philippe Besson sur un tableau d'Edward Hopper dans L'arrière saison.

Mais ce n'est qu'à la fin de l'ouvrage (idiote ?) que j'ai compris, dans la note de l'auteur, qu'il s'agissait d'une histoire vraie, qu'on peut d'ailleurs lire en plus court (mais en anglais) sur Answer.com, qui compile quelques textes encyclopédiques sur ce peintre, ou sur mystudios.com, qui recense notamment tous les faux de Van Meergeren. Hum, cela explique donc que le style me paraisse plus journalistique que littéraire. Et selon moi, cela ne devrait pas s'appeler "roman", mais... reconstitution par exemple.

Intéressant malgré tout quant à l'histoire de la peinture, même si littérairement ce ne fut pas un grand plaisir...

Visiblement, je suis beaucoup plus critique que les internautes, qui ont tous aimé ce livre. En vrac, les critiques de Critiques Libres, Critiques de Livres, Sylire, Camille, Sophie Pujas sur à Voir à Lire, Thierry Collet, Florence Lorrain pour la librairie Atout Livre.

C'était peut-être parce que je n'étais pas dans la bonne humeur pour lire ce bouquin...

12.7.07

Mal de Pierres, de Miléna Agus

Je ne sais plus où j'ai entendu parler de ce livre... Une chronique radiophonique je crois, qui m'avait suffisamment séduite pour que j'inscrive le titre dans mes projets de lecture. Je l'ai acheté hier midi chez mon libraire de Montreuil. J'ai en effet mes libraires de prédilection dans tous les lieux où je séjourne régulièrement. Et je l'ai lu dans les transports.

Facile à lire, dans un style sobre et direct, Mal de Pierres donne à voir différentes facettes du personnage principal, la grand-mère de la narratrice. Cette grand-mère se décrit parfois elle-même comme "dérangée", et le regard porté sur ses comportements, parfois assez fantasques en effet, diffère selon les protagonistes de l'histoire. Subtilement, l'auteur met en lumière le caractère très subjectif de la santé mentale.
J'aime aussi le point de vue de la narratrice, plein de tendresse, et sans jugement sur la moralité ou la "normalité" de sa grand-mère. Elle l'aime, elle raconte son histoire, et rapporte la vision des différents membres de la famille sur cette femme hors norme, dans une construction intéressante, qui fait partie du plaisir de lecture. Le questionnement de cette grand-mère sur
l'amour, interpelle. Qu'est-ce qui déclenche l'amour ? Que faut-il partager avec l'autre pour l'aimer ? Pourquoi n'est-on pas maître de ses sentiments, et ne peut-on aimer quelqu'un avec qui pourtant on partage les plaisirs de la chair, et qui se montre tout à fait prévenant et attentif à son égard ? Autant de questions que sans doute chacun est amené à se poser à un moment ou l'autre de sa vie, abordées ici d'une manière originale.
Le tout sur fond de Sardaigne, sauvage et belle sous la plume de Miléna Agus, et qu'on a envie d'aller visiter après avoir refermé le livre.

Le livre a plu... D'abord aux critiques littéraires et aux libraires, comme on peut le voir sur la jaquette du livre (procédé marketing "à l'américaine" qui je l'avoue m'irrite un peu...), sur le site de l'éditeur Liana Levi, ou sur @ la lettre On peut également lire la critique de Telerama. Côté lecteurs, c'est plutôt l'enthousiasme, comme on peut le lire sur Critiques Libres et Zazie Web, ou sur les blogs de lecteurs : Cuneipage, BMR & MAM, Chez Clarabel, ou BlogObook. A tel point que, par contrecoup, SeriaLecteur a été déçu. Mais la note de Livres et Lectures était aussi sceptique.

En attendant, Nicole Garcia a acheté les droits pour adapter le livre au cinéma : pas de raison, n'est-ce pas, de ne pas exploiter le succès !

1.4.07

Tu, mio, de Erri De Luca

Je continue avec Erri De Luca. Tu, mio ("Tu es mien" en italien) résonne moins fort pour moi, en tous cas différemment de Trois chevaux.

Bien que l'auteur ne le dise pas expressément, quelques noms de lieux indiquent avec précision que l'histoire se passe sur l'île d'Ischia, au large de Naples. Je n'y ai passé qu'une seule journée avec Dino il y a bientôt deux ans, et je me souviens d'une profusion de lauriers roses, de belles plages de sable qui brûlaient les pieds, de maisons blanches, de routes accidentées qui nous obligeaient à nous agripper n'importe où pour ne pas tomber dans le bus, de magnifiques vues sur la mer, d'une chaleur écrasante, d'un vendeur de jus d'oranges pressées... et d'une envie de revenir un jour où il y aurait moins de touristes... J'ai adoré Ischia avant même d'avoir le temps de la connaître...

Tu, mio raconte à la fois le basculement de l'adolescence vers l'âge adulte d'un personnage dont on ne connaît pas le nom, et la difficulté de négocier avec une histoire récente qu'on n'a pas vraiment vécue, mais qui imprègne toute la vie de nos parents, en l'occurrence la dernière guerre mondiale. Encore moins simple sans doute pour des italiens qui furent contraints de combattre sous le commandement allemand, et de napolitains qui se sont retrouvés sous une forme d'occupation américaine au sortir de la guerre, Naples étant encore aujourd'hui une base militaire américaine.

Le jeune héros, qui parle à la première personne, partage son temps entre la pêche en mer, où il accompagne son oncle et Nicola, le pêcheur qui a participé à la guerre en Yougoslavie, et les soirées en bandes avec son cousin plus âgé, Daniele, qui joue de la guitare et séduit les touristes étrangères. Il y fait connaissance avec une jeune fille juive, venue passer ses vacances sur l'île, chez une camarade de collège. Contre toute attente, une complicité se noue entre eux, mais les émois d'un premier amour prennent une direction inattendue, qui va modeler l'état d'esprit du jeune garçon au moment où il devient un jeune homme...

L'écriture de De Luca a toujours cette puissance sobre qui nous fait entrer dans la tête des personnages. Et j'adore aussi la couverture du livre, une belle photo de plage noyée dans une lumière dorée...

Les critiques et avis de lecteurs vont toujours dans le même sens : "une écriture épurée, dépouillée et poétique", comme l'évoque Calou. Charlotte ne le dit pas explicitement, mais elle a visiblement aimé, et les deux critiques de lecteurs du Club des rats de biblio-net donnent respectivement 5 et 4 sur 5 à l'ouvrage. Du côté des journalistes-critiques, Culture et Révolution évoque "Un récit rapide, nuancé et d'une belle intensité", tandis-que le Matricule des Anges livre une critique beaucoup plus fournie que la mienne, et à laquelle j'adhère. Les Editions Rivages rappellent seulement le texte de la 4ème de couverture, mais j'aime bien la mise en page du site.

Pour en savoir plus sur l'auteur : Comme un Roman propose un dossier assez complet, avec un mini résumé de ses principaux ouvrage. Esprits Nomades dessine une biographie d'Erri De Luca ponctuée par ses ouvrages et des citations d'interviews.

3.3.07

Trois chevaux, de Erri De Luca

Trois chevaux est un petit livre (140 pages), mais une grande lecture ! Je l'ai refermé depuis deux jours, et je suis encore dedans, sous le charme... L'écriture est sobre, mais très élaborée, et l'une des plus originales que j'aie lue, sans que je sache dire vraiment pourquoi. Elle parle de choses essentielles, en tous cas elle me parle.

Le narrateur est un italien revenu au pays après avoir passé une partie de sa vie en Argentine, où il avait suivi la femme qu'il aimait. Elle lui a été ravie par la dictature militaire, et lui même a du fuir, pour en réchapper de justesse, au prix d'un étonnant parcours. Il est désormais jardinier, et il parle bien de la terre et des plantes.

Mais il parle surtout très bien d'amour. D'amitié aussi, celle qu'il entretient avec Selim, l'Africain qui vient régulièrement boire le café avec lui, et qui confectionne des bouquets d'herbes aromatiques ou de mimosa, puisés dans le jardin du narrateur, et qu'il vend dans les restaurants. Le narrateur lui donne tout, sans arrière pensée, refusant de se faire payer. "Laisse tomber, sans toi la floraison serait encore là, dans un jardin fermé. Toi, en revanche, tu es l'adjoint du vent, tu la répands au loin, tu l'épingles sur la poitrine des femmes. Je serais un exploiteur si je prenais un pourcentage sur le vent." Selim paiera sa dette un peu plus tard, d'une manière inattendue...

Il parle de Làila, bien sûr, cette jeune femme qui l'a accosté sans vergogne à la table du restaurant où il prend régulièrement son repas de midi. Elle lui laisse son numéro de téléphone d'une manière qui est quasiment un ordre de l'appeler. Et il le fait. Toujours sans arrière pensée. Sans croire qu'il va tomber amoureux. Mais ça arrive quand même, après quelques semaines et plusieurs dîners partagés. "Elle [...] m'ordonne d'aller chez elle après mon travail sans passer à la maison, et elle s'en va, moi je m'assieds et je suis pris d'une crampe à l'estomac, je le sais, mon corps aime cette femme, il mord pour le dire et il appelle. Je me dois d'obéir à ses braiements, même si je me traîne derrière sa queue. [...] Mon corps aime Làila, alors moi aussi."

Voilà, tout le livre est de la même eau. Et je voudrais avoir la même sagesse simple que cet homme de cinquante ans qui prend les jours les uns après les autres, et partage ce qu'il a sans même y songer. Une profonde humanité se dégage de l'écriture de De Luca, et je vais continuer c'est certain la découverte de cet auteur. J'aime aussi qu'il soit italien... comme l'homme qui partage actuellement ma vie. Aimer la culture italienne, outre que c'est assez facile tant elle comporte de belles et bonnes choses, c'est aussi un hommage symbolique que je rends à celui qui a le courage de me supporter tous les jours...

Devant un grand auteur, tout le monde s'incline. Mondalire reprend plusieurs critiques de presse élogieuses, auxquelles il ajoute la sienne. Littera 05 évoque une méditation, In Cold Blog parle d'un style ciselé, pour JPasquié, c'est un long poème en prose, et j'adhère au commentaire de Côté cour, côté jardin : " Un livre assez court qui se déguste plus qu'il ne se dévore...". Dans les pages du Club des rats de biblio-net, on trouve une bio et une biblio de l'auteur, et les notes des lecteurs oscillent entre 4 et 5/5. Le Matricule des Anges, Chronic'art, A-voir-à-lire.com, livrent aussi de belles critiques. La bibliographie de Comme un roman est commentée, et c'est donc sans doute elle qui me servira de référence pour choisir mes prochains titres de cet auteur. L'article de Wikipedia est encore une ébauche... mais il me reste beaucoup à apprendre sur l'auteur avant d'imaginer pouvoir aller le compléter !

10.10.05

Les Fiancés, d'Alessandro Manzoni

Qui dit vie commune avec un italien dit forcément gastronomie italienne... et littérature italienne. Dino m'a aidé à constituer une petite liste d'incontournables. Je me suis en effet aperçue que j'avais lu peu de choses : je connais bien mieux la musique et la peinture italienne que la littérature. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, et c'est un bonheur de découvrir des chef d'œuvre dont on n'avait même jamais entendu parler.
"Les Fiancés" de Manzoni ("I Promessi Spossi" en italien) est de ceux là.
L'argument est assez mince : deux jeune villageois, fiancés, sont empêchés de se marier, par la concupiscence d'un seigneur local et par les tribulations de l'histoire. Au delà du romanesque (l'histoire est captivante), Manzoni nous livre une fresque historique minutieusement documentée. Ecrit en 1823, "Les Fiancés" nous parle de la Lombardie du XVIIème siècle. De la famine et des émeutes dans Milan les années de mauvaise récolte. De la grande peste de 1630. Des décisions absurdes des politiques, qui pas plus alors qu'aujourd'hui ne savaient appliquer les avis des hommes autorisés... et parfois le simple bon sens. Des "petits arrangements" entre détenteurs du pouvoir, nobles, hommes d'état, parfois aussi hommes d'Église. Manzoni dénonce les manquements avec ironie, les iniquités avec gravité. Il nous parle aussi de la grandeur de certains, toujours en lien avec la religion : Manzoni est un fervent catholique, un janséniste même, qui fit convertir sa femme. Austère Manzoni ? Oui dans sa rigueur morale. Mais pas dans son écriture, qui foisonne même plutôt, digresse pour mieux revenir à son sujet, non sans avoir introduit quelque personnage ou quelque épisode haut en couleurs... Pas bégueule non plus. Les choses de la chair, si elles ne sont pas décrites à proprement parler, sont clairement présentes, et les personnages de Manzoni ne sont pas êtres désincarnés.
Moi qui fait profession de ne plus croire en rien, puisque les religions sont manipulées par les hommes qui en font des instruments de pouvoir, voire de guerre, puisque le pouvoir ne sert jamais que les intérêts d'une classe restreinte et non le plus grand nombre, j'avoue que j'ai trouvé comme un souffle de fraîcheur dans la promesse d'un avenir meilleur pour ceux qui ont la foi, et qui vivent selon cette foi... Valeurs désuètes. Dommage qu'on les croie aussi ringardes... C'est pour cela sans doute que le monde d'aujourd'hui nous apparaît si dépourvu d'espérance, qu'il est si difficile de croire en des jours meilleurs, tandis que notre présent se fait de plus en plus étriqué... M'enfermer dans les livres ? Non, mais m'y évader, oui, plus que jamais, je crois que j'en ai besoin...

Pour en savoir plus sur Manzoni, une biographie sur Italia Libri, et celle de Wikipedia, que je ne saurais trop vous recommander : c'est en plongeant dans la page « Ecrivain italien » que Dino et moi avons constitué la première liste de ce qu'il faut absolument avoir lu dans la littérature italienne. Et tant qu'on y est, si vous êtes passionnés de littérature, vous pouvez aussi entrer dans l'encyclopédie par le Portail Littérature, et pourquoi pas, participer (tous les liens rouges sont autant d'articles à écrire).

Quelques critiques du livre maintenant. Je partage les avis de celle proposée sur Culture & Révolution (tout un programme). Même si elle est juste, ne lisez pas celle d'Italia Libri avant d'avoir lu le bouquin : elle vous en dit trop ! Lire considère que ce livre incarne le caractère national italien. Je n'ai pas encore suffisamment lu pour confirmer ou infirmer, mais l'idée est intéressante. Et vous trouverez également sur le site un extrait du bouquin. Le papier de e-littérature est un brin lyrique, mais après tout, le bouquin l'est aussi. Mais brisons là : plutôt que de lire les critiques, lisez-donc le livre !

30.10.04

Sans sang, d'Alessandro Baricco

Poursuivons donc avec Alessandro Baricco, dont le dernier titre "Sans Sang" ("Senza Sangue" en italien) vient de sortir en poche. Encore un petit livre qui se lit rapidement. Nous sortons du roman initiatique, mais pas du questionnement philosophique...

Comment faire pour donner un aperçu du livre sans trop déflorer le sujet, qui contient une sorte de suspens ? Comme sur la couverture du livre, ne donnons qu'une idée du début, qui se passe en pleine campagne, et où l'on comprend vite qu'on va être témoin d'une attaque armée dont on ne nous dévoilera le mobile que par petites touches... Puis nous suivrons le destin des personnages, un peu à la manière des westerns italiens (certaines scènes évoquent curieusement "Il était une fois dans l'Ouest", même si ni le lieu ni l'époque n'ont rien à voir).

Une belle écriture, des phrases courtes, sans fioritures inutiles. Mieux écrit que le Fermine : comme quoi on ne peut pas perpétuellement comparer les deux auteurs. Et je confirme après lecture de ce livre : celui que je préfère, c'est bien Baricco !

Qu'en pensent les autres ? Les avis sont partagés, et parfois "saignants"... Enthousiaste sur Voir ça, très critique dans L'Express Livres (côté journaliste) mais beaucoup plus positif côté lecteurs, mitigé sur Critiques libres et Critiques ordinaires.
Related Posts with Thumbnails