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7.6.05

Une rose au paradis, de René Barjavel

Pour tout dire, durant cette lecture, je me suis dit que peut-être je commençais à me lasser de Barjavel, ou que ce livre là était moins puissant que mes précédentes découvertes.
Pourtant, il n'est pas exactement comme les autres, même si on y retrouve les thèmes chers à Barjavel : le cycle de la vie, de la mort et de la résurrection du monde et des humains, qui détruisent leur planète par inconscience et bêtise, ne se sauvant, et la Terre avec eux, que grâce à l'amour, dont Barjavel présente toujours une vision à la fois éblouie et lucide...
Mais il y a aussi du Boris Vian dans ce livre, et l'organisation de la vie dans l'Arche construite par Monsieur Gé me fait penser à "L'Ecume des Jours"... Comme d'habitude, la science fiction chez Barjavel ne nous perd pas dans d'obscures considérations pseudo scientifiques. C'est plutôt une évocation épurée, où les traits principaux de la vie sont tracés avec toujours ce même mélange de réalisme et de poésie, et quelques "oublis" qui semblent volontaires, comme pour nous laisser nous souvenir à tout moment que nous sommes dans un roman.
Et puis la fin du bouquin est magique, sans qu'on puisse disséquer pourquoi. C'est toute l'alchimie de Barjavel, sa profonde humanité sans doute, qui sait lui mettre sous la plume les évocations qui nous touchent, qui nous réconcilient avec notre humaine condition, qui nous rappellent ce que la vie à d'aimable et pourquoi il faut la préserver, sans jamais perdre espoir. Jamais niais, bien qu'il soit selon moi romantique, lucide sans jamais être cruel, Barjavel me rassérène, moi qui suis parfois si pessimiste ces temps-ci en entendant les nouvelles du monde... J'espère au fond de moi que c'est lui qui a raison, et que nous saurons trouver le sursaut nécessaire pour nous tirer d'affaire, si possible avant la catastrophe...
Bref, comme d'habitude, la littérature de Barjavel reste d'actualité, à lire d'urgence pour ne pas sombrer dans la morosité... ni cependant dans l'indifférence ou dans un stupide et béat optimisme !

Comme d'habitude, les internautes sont unanimes... ce qui confirme sans doute l'universalité de Barjavel. Quelques citations en vrac : Digital Fashion, le blog d'un amateur de SF, Critiques Libres bien sûr (même s'il est plein de fautes d'orthographe, je partage assez l'avis de ce jeune lecteur... la valeur n'attend pas le nombre des années !), et un petit extrait sur Bouches à oreilles : comme d'habitude, chez Barjavel, ce sont les scènes d'amour qui retiennent l'attention... même si celle-là est moins extraordinaire que celle de "La nuit des temps". Et pour ceux qui découvrent l'auteur, Barjavel a maintenant sa page dans Wikipédia.

1.1.05

Le grand secret, de René Barjavel

On retrouve dans ce livre les grandes thématiques abordées dans "La nuit des temps" : le progrès scientifique, ses effets et ses dangers, la beauté de la nature, et surtout bien sûr l'amour entre les hommes et les femmes, que le "filtre de vie éternelle" va permettre d'aborder sous un angle différent, mais toujours avec cette approche émerveillée, bien que lucide... J'aime assez cette vision stylisée de l'amour, même si je me demande jusqu'à quel point elle est réaliste...
Mais bon, un livre qui reste à conseiller pour un agréable moment d'évasion et de plaisir.

10.11.04

La nuit des temps, de René Barjavel

La science-fiction, je n'aime pas. Mais un roman d'anticipation qui mêle le romantisme avec la vision la plus lucide de la stupidité humaine... ça me plaît beaucoup. C'est comme ça que je définirais le roman de Barjavel.
Je n'avais jamais lu cet auteur auparavant... sans doute en partie à cause de sa réputation d'être un auteur "facile", voire trop facile, ou trop populaire. Mais après tout, est-ce un défaut que d'offrir un vrai moment d'évasion et d'être apprécié par un public très large ? D'autant que les questions ne sont pas absentes, et que l'homme semble, aujourd'hui plus encore peut-être que lors de l'écriture du livre (démarré en 66, et publié en mars 68), visionnaire. On peut retrouver dans ce livre différents thèmes et angles d'analyse qui sont tout à fait contemporains... ou peut-être intemporels, comme celui de l'éternel recommencement... Avec tout ce que nous savons aujourd'hui, nous continuons, plus que jamais, de nous battre pour des bêtises et de détruire notre planète... Ce qui est réconfortant, chez Barjavel, c'est que l'amour est éternel. Ce qui reste problématique, c'est qu'il ne sauve pas tout...
En attendant, l'écriture de Barjavel captive, et dose avec intelligence quelques explications scientifiques qui rendent les choses plausibles, sans jamais nous noyer dans la complexité, une ode à la nature qui reflète bien son émerveillement devant le "vivant", et une petite plongée dans l'âme humaine, montrant simultanément sa face la plus noble, et sa face la plus stupide...
C'est amusant, cette double approche, avertissement d'un côté, invitation à nous émerveiller de l'autre, me fait penser à celle d'Hubert Reeves, dont j'ai déjà parlé dans un récent post. Un état d'esprit qu'on aimerait pouvoir maintenir en équilibre dans nos propres âmes, pour garder le courage d'être lucides et militants.
Je ne vais pas m'étendre, parce-que beaucoup de choses ont déjà été dites et écrites sur ce roman, et sur la littérature de Barjavel en général. Je vous livre donc une petite sélection de ce que j'ai trouvé sympa.

Pour commencer, le barjaweb, qui permet de découvrir assez largement les oeuvres de Barjavel, et s'ouvre sur une animation du symbole de "l'équation de Zoran", qui contient le secret de l'énergie universelle (beau programme, non ?). Cette page perso résume assez bien, sans trop le déflorer toutefois, ce que l'on peut trouver dans les oeuvres "SF" de Barjavel. Bien sûr, la page d'Evene consacrée à cet ouvrage, et celle de CritiquesLibres, avec leurs critiques de lecteurs.
J'ai lu ce titre au sein du recueil "Romans extraordinaires", des éditions Omnibus : j'adore ces bouquins à la couverture souple qu'on peut ouvrir en grand sans casser le dos !
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