Je viens de fermer le livre, et je suis encore toute bouleversée par ma lecture... J'écris rarement immédiatement après avoir lu un livre, je me laisse toujours un peu de temps pour prendre du recul, et je le regrette parfois, parce que les impressions les plus vives ont commencé de s'atténuer... A chaud, c'est difficile de savoir par où commencer, mais je me jette à l'eau, pour être sûre de n'être influencée par aucune autre opinion sur ce livre, que j'ai acheté sur la seule foi du nom de son auteur. Je devrais même dire que je me suis précipitée, lorsque j'ai vu "Tejpal" dans les listes de la rentrée littéraire. Le temps de dire "ouf", il était sur ma tablette, et je plongeais dedans...
Le temps d'une nuit, la dernière de sa vie, Karna, ou bien faut-il l'appeler X470, son patronyme de Wafadar, ces guerriers du groupe d'hommes auquel il appartenait, raconte sa vie. Celle d'un adepte, qui suivra toutes les étapes, ou presque, de l'initiation à la pureté prônée par le gourou Aum, qui voulait dans cette haute vallée de l'Himalaya créer un monde parfait. Mais qui dit pureté dit aussi purification... et la simple énonciation de ce mot ouvre la porte à des évocations que nul homme du XXIème siècle ne peut ignorer. La dernière étape à franchir pour devenir Grand Timonier, une appellation elle aussi très évocatrice, c'est justement de procéder à une purification, celle du Nid des Handicapés. Refuge isolé aux confins du territoire, le Nid cache "toute la honte de la communauté", et l'un des Grands Timoniers, le porte parole du Père Bienveillant, a décidé qu'il fallait procéder à son élimination. Mais notre narrateur y découvrira un pan de son histoire personnelle qu'il était loin de soupçonner, et il fuira la communauté pour rejoindre "l'outre-monde", celui des hommes ordinaires et des passions viles selon Aum (dont toutes les critiques ne sont pas dénuées de sens), mais Karna y découvrira celui des sentiments et de la musique...
L'auteur le dit dans une courte vidéo, enregistrée lors de son passage à Paris en juin dernier et presque aussi poignante que son livre, l'histoire peut être lue comme une fable.
Mais, comme il le dit aussi, la trame en est complexe, et appelle mille réflexions sur la condition humaine et sur la société, sur la recherche d'un système parfait, sur l'embrigadement et la manipulation, sur les inévitables dérives que l'on peut constater dans les sectes comme dans les régimes totalitaires... et même dans ceux qui prétendent ne pas l'être... A l'heure où toutes les utopies sont mortes, démasquées sinon détruites, il est intéressant de se souvenir, avant d'imaginer un nouveau système "forcément" meilleur, de tout ce qui a lamentablement foiré dans les précédents, et que Tejpal met en lumière, directement ou indirectement.
J'aime particulièrement les dernières phrases du livre :
"Puisse-t-il faire germer en eux le seul état - s'il en existe un - qui dépasse en grandeur la musique ou l'amour.
Le doute.
Puisse-t-il toujours alterner avec la foi comme la nuit et le jour."
Je pense que tout lecteur sera soupçonneux dès le début de l'histoire quant à l'idéologie et aux règles de la communauté des "purs". Les actes que le narrateur est amené à commettre, mais surtout la manière dont la morale en vigueur en lave sa conscience, révulsent à maintes reprises. La manière dont les détenteurs du pouvoir imaginent imposer leur mode de vie au reste du monde fait rire jaune. Et s'il subsiste un quelconque doute sur le bien-fondé du fonctionnement de la communauté, la manière dont sont traitées les femmes ne peut que le détruire. J'ai grimacé, révoltée contre le contenu du livre et presque contre son auteur, peinant à concevoir qu'il ait pu salir sa plume à écrire certaines scènes... Mais c'est une femme qui ouvre les yeux du héros, révélateur et levier de son retournement, initiatrice du doute puis du cheminement vers la vérité cachée de la société qu'il prétend servir.
Et j'ai reconnu Tarun Tejpal, qui reste après ce nouvel opus mon auteur contemporain préféré, avec Erri De Luca peut-être. Je crois que je me sens plus proche de Tejpal, plus torturé, moins distancié même si je le trouve très lucide, effrayé par le chaos de ce monde et la difficulté d'y vivre tranquillement dès lors qu'on a quelques prétentions éthiques, toujours confiant cependant dans la capacité rédemptrice de l'amour... et au final toujours aussi amoureux des femmes :-)
J'avais beaucoup aimé Loin de Chandigarh, et je retrouve dans ce nouveau roman toute la quête de l'auteur sur le sens de la vie. Dans La Vallée des masques, c'est non seulement le cheminement de l'individu qui est questionné, mais aussi celui de la société, du vivre ensemble qui se porte si mal dans les sociétés occidentales, et sans doute en Inde aussi, même si l'auteur manifeste in fine beaucoup d'indulgence pour la manière dont vivent ses contemporains.
Loin des auto-fictions foireuses ou des biographies romancées que nous propose trop souvent la littérature française, une fois encore en cette rentrée littéraire (je vous ferai grâce de la longue liste de livres que je n'ai même pas envie d'ouvrir), Tejpal puise à la fois dans l'observation du monde et dans son imagination pour aboutir à un questionnement universel, au moins dans notre monde actuel. Je ne sais pas dire ce qu'il en restera dans le temps. Mais pour maintenant, il me semble que c'est à lire de toute urgence. Ce n'est pas sans douleur - certains passages sont d'une cruauté à peine soutenable pour moi - mais on s'y laisse cependant facilement embarquer : l'écriture est toujours aussi fluide, sensuelle, poétique parfois, ironique de temps en temps, un peu moins cette fois-ci, et en tous cas très accessible.
La presse aime. RFI, ou L'Express par exemple. Et les blogueurs qui sortent en tête de liste sur les moteurs de recherche aussi... Le blog d' Yspaddaden, Moi Clara et les mots, Mélopée lit.
Et si vous avez envie d'entendre l'auteur en parler, écoutez-le sur France Culture (deuxième partie de l'émission)
2.8.12
Emma, de Jane Austen
J'adore les romans de Jane Austen : elle décortique avec humour et minutie le caractère de ses personnages, noue des intrigues psychologiques particulièrement efficaces... et qui se terminent généralement par des "happy ends", sans mièvrerie cependant. Elle nous livre au passage une intéressante peinture sociale de son époque, ici dans une petite bourgade de province où les classes sociales répugnent à se mélanger...
Emma est une toute jeune femme qui vit seule avec son père veuf depuis que sa soeur aînée est partie à Londres pour y suivre son mari.
Sans souci matériel, habitant une belle maison, et pour ainsi dire constituant à elle seule le "gratin" de la société locale, elle ne va pas tarder cependant à connaître l'isolement et un peu d'ennui lorsque Mlle Taylor, devenue plus une amie qu'une institutrice ou une gouvernante, quitte la maison pour se marier. Avec qui se lier au sein d'une société provinciale si restreinte et très clivée ? Comment élargir son horizon pour égayer sa vie, alors que son seul compagnon désormais est son père, certes très aimant et affectueux, mais aussi très fragile, nerveux, pointilleux, et plus intéressé par les conseils de son médecin sur les différentes facettes d'une bonne hygiène de vie que par toute forme de vie intellectuelle ? A quoi occuper ce caractère impétueux et cette belle énergie de la jeunesse ?
La "chasse au mari" pourrait constituer un excellent passe-temps et une ouverture sur de nouvelles perpectives, mais Emma affiche sa détermination à ne pas se marier : pourquoi faire, alors qu'elle peut rester indépendante, n'ayant aucun souci matériel grâce à l'honorable fortune de son père ? Lequel père d'ailleurs aura tout fait pour inculquer un pareil état d'esprit à sa fille : pour lui, le mariage est "un malheur", et il ne cesse de parler de sa fille aînée comme de "la pauvre Isabelle". En réalité, sous ses dehors pleurards et pleins de sollicitude pour son entourage, Monsieur Woodhouse est un bel égoïste, qui souhaite conserver ses proches autour de lui, et se faire dorloter par toutes ces femmes dont il craint surtout qu'elles ne s'échappent peu à peu pour aller vivre leur propre vie. La patience d'Emma à son égard, et l'énergie qu'elle met à entretenir le bien-être de son père sont d'ailleurs tout à fait remarquables, et presque étonnants vu la fougue de son caractère, qui pourrait souhaiter justement s'émanciper d'un tel père.
Emma va cependant s'intéresser de près au mariage... mais à celui des autres. A celui d'Harriett Smith par exemple, une jeune orpheline du pensionnat de jeunes filles, qu'Emma va prendre sous son aile pour parachever son éducation, et tenter de l'élever vers le milieu social que semble sans aucun doute mériter la beauté de la jeune fille, du moins selon les critères d'Emma.
Ce sera le début d'une série de péripéties à rebondissements, où s'entremêlent les vrais sentiments, les préjugés, et pour certains la recherche d'une position sociale au travers du mariage. Emma se fourvoie d'abord dans ses prédictions et ses jugements, se retrouve au coeur de quiproquos qu'elle a favorisés sans s'en rendre compte en formant pour les autres ses plans sur la comète, puis, au fil du roman, prend du recul et de la maturité.
Tombera-t-elle amoureuse ? Qui épousera qui ? Quels effets produiront l'introduction de nouveaux personnages dans la petite société provinciale ?
Pour le savoir, il faut lire le roman, savoureux, ou mieux encore, se le laisser lire par Ritou qui a déjà fait tout le travail pour vous et qui vous l'offre sur Litterature audio : plus qu'à le mettre dans le MP3 pour l'écouter sur la plage ou en balade. De la bonne littérature, sans prise de tête pour autant, et donc parfait pour des vacances à la fois distrayantes et instructives :-)
Emma est une toute jeune femme qui vit seule avec son père veuf depuis que sa soeur aînée est partie à Londres pour y suivre son mari.
Sans souci matériel, habitant une belle maison, et pour ainsi dire constituant à elle seule le "gratin" de la société locale, elle ne va pas tarder cependant à connaître l'isolement et un peu d'ennui lorsque Mlle Taylor, devenue plus une amie qu'une institutrice ou une gouvernante, quitte la maison pour se marier. Avec qui se lier au sein d'une société provinciale si restreinte et très clivée ? Comment élargir son horizon pour égayer sa vie, alors que son seul compagnon désormais est son père, certes très aimant et affectueux, mais aussi très fragile, nerveux, pointilleux, et plus intéressé par les conseils de son médecin sur les différentes facettes d'une bonne hygiène de vie que par toute forme de vie intellectuelle ? A quoi occuper ce caractère impétueux et cette belle énergie de la jeunesse ?
La "chasse au mari" pourrait constituer un excellent passe-temps et une ouverture sur de nouvelles perpectives, mais Emma affiche sa détermination à ne pas se marier : pourquoi faire, alors qu'elle peut rester indépendante, n'ayant aucun souci matériel grâce à l'honorable fortune de son père ? Lequel père d'ailleurs aura tout fait pour inculquer un pareil état d'esprit à sa fille : pour lui, le mariage est "un malheur", et il ne cesse de parler de sa fille aînée comme de "la pauvre Isabelle". En réalité, sous ses dehors pleurards et pleins de sollicitude pour son entourage, Monsieur Woodhouse est un bel égoïste, qui souhaite conserver ses proches autour de lui, et se faire dorloter par toutes ces femmes dont il craint surtout qu'elles ne s'échappent peu à peu pour aller vivre leur propre vie. La patience d'Emma à son égard, et l'énergie qu'elle met à entretenir le bien-être de son père sont d'ailleurs tout à fait remarquables, et presque étonnants vu la fougue de son caractère, qui pourrait souhaiter justement s'émanciper d'un tel père.
Emma va cependant s'intéresser de près au mariage... mais à celui des autres. A celui d'Harriett Smith par exemple, une jeune orpheline du pensionnat de jeunes filles, qu'Emma va prendre sous son aile pour parachever son éducation, et tenter de l'élever vers le milieu social que semble sans aucun doute mériter la beauté de la jeune fille, du moins selon les critères d'Emma.
Ce sera le début d'une série de péripéties à rebondissements, où s'entremêlent les vrais sentiments, les préjugés, et pour certains la recherche d'une position sociale au travers du mariage. Emma se fourvoie d'abord dans ses prédictions et ses jugements, se retrouve au coeur de quiproquos qu'elle a favorisés sans s'en rendre compte en formant pour les autres ses plans sur la comète, puis, au fil du roman, prend du recul et de la maturité.
Tombera-t-elle amoureuse ? Qui épousera qui ? Quels effets produiront l'introduction de nouveaux personnages dans la petite société provinciale ?
Pour le savoir, il faut lire le roman, savoureux, ou mieux encore, se le laisser lire par Ritou qui a déjà fait tout le travail pour vous et qui vous l'offre sur Litterature audio : plus qu'à le mettre dans le MP3 pour l'écouter sur la plage ou en balade. De la bonne littérature, sans prise de tête pour autant, et donc parfait pour des vacances à la fois distrayantes et instructives :-)
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17.6.12
L'attente de l'aube, de William Boyd
Parfois, même les incidents désagréables peuvent contenir un moment de grâce... Voir son avion retardé de plus d'une heure, quand c'est déjà le dernier de la soirée, et que vous avez pris, le matin même, l'un des tous premiers vols du jour n'est pas ce qu'il y a de plus agréable... Je n'avais rien à lire, et, à cette heure tardive et après une journée déjà bien remplie, nulle envie de rallumer l'ordinateur pour travailler en attendant l'embarquement. Alors je suis allée flâner dans la librairie de l'aéroport, où j'ai fini par jeter mon dévolu sur le dernier roman de William Boyd, dont je n'avais jamais rien lu, pour trois motifs assez minces il faut bien le dire : le titre est poétique, L'attente de l'aube, l'éditeur, le Seuil, est plutôt à mes yeux un gage de qualité, et enfin, l'affichette collée sur la vitrine mentionnait la flatteuse appréciation de la critique Olivia de Lamberterie "Un pur plaisir de lecture". Un pur plaisir de lecture : c'était juste ce dont j'avais besoin pour oublier les petits avatars de la journée, et ne pas perdre complètement ma soirée, consignée sur les fauteuils d'une salle d'embarquement.
L'histoire de Lysander Rief montre comment des contingences assez triviales peuvent, en temps de guerre, faire entièrement basculer la vie d'un homme.
En 1913, ce jeune acteur du théâtre anglais arrive à Vienne, pour consulter un médecin disciple de Freud et tenter de surmonter un problème très intime qui risque de l'empêcher de consommer son mariage avec la belle Blanche Blondel, elle aussi actrice, et en l'occurrence sa fiancée. Mais la chair est faible, les rencontres que l'on peut faire dans la salle d'attente d'un psychanalyste incongrues, et son escapade avec la jolie mais très fantasque Hettie, si elle lui permet de vérifier qu'il est guéri, va l'entraîner dans une aventure qu'il était loin de prévoir, et à vrai dire assez invraisemblable : a priori, on a du mal à imaginer en quoi le métier d'acteur peut préparer un homme à faire la guerre...
Mais les militaires le perçoivent très bien, et surtout sont maîtres dans l'art d'identifier les formidables leviers que leur offrent la situation désagréable dans laquelle se retrouve Lysander. Prisonnier à Vienne, en attendant un procès de mœurs qui de toute évidence lui vaudra une condamnation, l'individu devient beaucoup plus facile à convaincre de s'engager dans l'action militaire si on lui offre la liberté en échange...
Lysander va ainsi devenir une sorte d'agent secret, dont l'enquête va déboucher sur d'étranges recoupements avec sa vie personnelle, à telle enseigne qu'il s'interrogera sur une possible machination qui aurait pu conduire à ce qu'on le choisisse lui, précisément, pour mener la mission risquée à laquelle il répugne, mais qu'il n'a pas le choix de refuser, et où ses talents d'acteur, en effet lui seront plusieurs fois utiles...
Le personnage est attachant, notamment par les liens affectifs qu'il entretient avec sa famille, et un mélange de faiblesses dévoilées, de sang-froid et de courage démontrés. L'écriture est plaisante, fluide, souvent sensuelle, montrant comment, même dans la guerre, les hommes restent des hommes... mais sont définitivement changés après y avoir participé.
Pour qui s'intéresse à la psychanalyse, la manière dont le Dr Bensimon pratique sa thérapie est assez édifiante, et peut, selon le caractère de chacun, inciter à y chercher un recours, ou au contraire à la fuir à toutes jambes. Intéressant.
Au final, je partage l'appréciation d'Olivia de Lamberterie : un pur plaisir de lecture, pas si futile pour autant, et la découverte d'un auteur que je n'avais jamais lu, mais que je vais peut être essayer de connaître un peu mieux.
Le livre semble avoir été assez bien accueilli par la critique, même s'il est plutôt vu comme un ouvrage de divertissement, dans l'Express par exemple, ou par le blog Les 8 plumes.
Il recueille une note de 3/5 dans Babelio, qui vous permettra de trouver d'autres critiques. Personnellement, je n'aime pas donner des notes aux livres...
Sur le site de l'éditeur, vous pourrez télécharger quelques pages du livre pour vous faire une idée, et sur Madame Figaro en savoir un peu plus sur l'auteur, interviewé.
Si vous lisez l'anglais, cela vous amusera sans doute de lire la critique de The Telegraph.
L'histoire de Lysander Rief montre comment des contingences assez triviales peuvent, en temps de guerre, faire entièrement basculer la vie d'un homme.
En 1913, ce jeune acteur du théâtre anglais arrive à Vienne, pour consulter un médecin disciple de Freud et tenter de surmonter un problème très intime qui risque de l'empêcher de consommer son mariage avec la belle Blanche Blondel, elle aussi actrice, et en l'occurrence sa fiancée. Mais la chair est faible, les rencontres que l'on peut faire dans la salle d'attente d'un psychanalyste incongrues, et son escapade avec la jolie mais très fantasque Hettie, si elle lui permet de vérifier qu'il est guéri, va l'entraîner dans une aventure qu'il était loin de prévoir, et à vrai dire assez invraisemblable : a priori, on a du mal à imaginer en quoi le métier d'acteur peut préparer un homme à faire la guerre...
Mais les militaires le perçoivent très bien, et surtout sont maîtres dans l'art d'identifier les formidables leviers que leur offrent la situation désagréable dans laquelle se retrouve Lysander. Prisonnier à Vienne, en attendant un procès de mœurs qui de toute évidence lui vaudra une condamnation, l'individu devient beaucoup plus facile à convaincre de s'engager dans l'action militaire si on lui offre la liberté en échange...
Lysander va ainsi devenir une sorte d'agent secret, dont l'enquête va déboucher sur d'étranges recoupements avec sa vie personnelle, à telle enseigne qu'il s'interrogera sur une possible machination qui aurait pu conduire à ce qu'on le choisisse lui, précisément, pour mener la mission risquée à laquelle il répugne, mais qu'il n'a pas le choix de refuser, et où ses talents d'acteur, en effet lui seront plusieurs fois utiles...
Le personnage est attachant, notamment par les liens affectifs qu'il entretient avec sa famille, et un mélange de faiblesses dévoilées, de sang-froid et de courage démontrés. L'écriture est plaisante, fluide, souvent sensuelle, montrant comment, même dans la guerre, les hommes restent des hommes... mais sont définitivement changés après y avoir participé.
Pour qui s'intéresse à la psychanalyse, la manière dont le Dr Bensimon pratique sa thérapie est assez édifiante, et peut, selon le caractère de chacun, inciter à y chercher un recours, ou au contraire à la fuir à toutes jambes. Intéressant.
Au final, je partage l'appréciation d'Olivia de Lamberterie : un pur plaisir de lecture, pas si futile pour autant, et la découverte d'un auteur que je n'avais jamais lu, mais que je vais peut être essayer de connaître un peu mieux.
Le livre semble avoir été assez bien accueilli par la critique, même s'il est plutôt vu comme un ouvrage de divertissement, dans l'Express par exemple, ou par le blog Les 8 plumes.
Il recueille une note de 3/5 dans Babelio, qui vous permettra de trouver d'autres critiques. Personnellement, je n'aime pas donner des notes aux livres...
Sur le site de l'éditeur, vous pourrez télécharger quelques pages du livre pour vous faire une idée, et sur Madame Figaro en savoir un peu plus sur l'auteur, interviewé.
Si vous lisez l'anglais, cela vous amusera sans doute de lire la critique de The Telegraph.
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