10.8.14

Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami

Quand vous refermez certains livres, vous vous sentez orphelin. Face à un grand vide, mais incapable de choisir un nouveau livre pour combler le trou... C'est la marque des bons livres, qui vous ont vraiment "embarqué". Ils méritent donc bien qu'on médite et qu'on rêve encore dessus pendant quelques jours après les avoir terminés.

Vous l'aurez compris, Kafka sur le rivage est de ceux là.

Quand on commence le livre, on ne sais pas très bien ni où on est, ni surtout où on va. Dossier d'enquêtes spéciales à la X Files. Adolescent poursuivi par une malédiction sortie d'une tragédie grecque. Univers digne d'Alice aux pays des merveilles, où l'on peut parler avec les chats et même avec les pierres, pourvu qu'on soit un peu simple d'esprit, où le peuple des eaux tombe du ciel comme un orage déclenché par un dieu de la mythologie...

Kafka est le pseudonyme que s'est choisi un adolescent de 15 ans pour maquiller son identité lorsqu'il décide de fuguer de la maison paternelle. Pour fuir la malédiction, ou peut-être au contraire pour la rencontrer et accomplir ainsi son destin afin de s'en libérer plus vite. Rien n'est tout à fait limpide, ni dans son esprit à lui, ni dans la narration de l'auteur, qui ne livre pas les clefs des énigmes, pas même celle du meurtre du père : on n'est pas dans un vulgaire polar, que diable !

L'univers de Murakami est foisonnant, à la fois rempli de références - y compris sans doute à des éléments de culture japonaise que je n'ai pas saisis - et plein d'imagination, sans cependant recourir à aucun "effet spécial". Pour créer un univers tout à fait personnel, il utilise les éléments du quotidien, que nous connaissons tous, et qu'il décrit avec une précision quasi chirurgicale, dans une écriture sèche, sans fioritures inutiles, sans envolées lyriques, avec concision, mais  en prenant son temps. Les gens et les choses ne font juste plus ce que nous avons l'habitude de les voir faire... et nous voilà dans un monde nouveau, qui nous enchante et nous captive, obligeant le lecteur à concentrer son attention pour tenter de décrypter toutes les énigmes qui se présentent tout autant au lecteur qu'au héros de l'histoire.

Je n'avais encore rien lu de Murakami, dont j'avais plusieurs fois entendu parler comme de l'un des auteurs japonais contemporains les plus éminents. Un article du Financial Times lu dans l'avion des vacances sur son dernier ouvrage, pas encore sorti en France, m'a donné envie de connaître cet auteur... et je ne suis pas déçue ! Je vais sans doute m'attaquer prochainement à 1Q84. D'autant que, comme Kafka sur le rivage, il est proposé en livre audio par Audiolib. Et je suis devenue tout à fait "accro" aux livres audio !

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