Il paraît que certains lecteurs se baladent dans Rome avec le livre à la main pour visiter les lieux cités dans ce thriller ;-) Pour ma part, je n'aurai pas besoin de faire l'exercice : je commence à bien connaître la capitale italienne, et je visualise parfaitement les différents lieux dans lesquels évolue Antonin Fages, prêtre français égaré par les hasards de l'histoire dans la bibliothèque du Vatican, à la fin du 18ème siècle.
Hasard ? Participant avec trois autres ecclésiastiques à la subtilisation clandestine de quelques ouvrages et documents que les bibliothécaires veulent soustraire au pillage napoléonien, notre homme se retrouve en possession d'un curieux carnet manuscrit, en langue occitane. La langue natale d'Antonin justement. La curiosité est trop forte, et il profite d'un "incident" pour garder avec lui l'étonnant carnet, le temps de le déchiffrer, au lieu de le déposer dans le repaire secret choisi par les moines pour mettre les livres à l'abri.
Hasard ? Le carnet pourrait bien éclairer le mystère de la "bête du Gévaudan", dont Antonin a vu les ravages de près : Gévaudan et Margeride, notre actuelle Lozère, c'est sa terre natale, et la "bête", il a eu l'occasion de l'affronter, avant de migrer vers Rome, au moment où la terreur de Robespierre mettait les prêtres à rude épreuve dans les campagnes françaises.
Mais le manuscrit semble intéresser beaucoup de monde, beau ou pas, mais en tout cas déterminé à récupérer le carnet par tous les moyens, fussent-ils criminels. Antonin est donc obligé d'échapper à ses terribles poursuivants, tout en essayant de terminer sa lecture, d'élucider peut-être enfin le mystère de la bête meurtrière... mais aussi des intérêts que cet ouvrage pourraient servir ou desservir, et qui expliquent la rage que mettent ses poursuivants à lui filer le train.
Naviguant entre Rome et la Lozère, l'intrigue se faufile, comme le dit l'auteur, dans les interstices de l'Histoire, pour nous livrer un très bon moment de lecture, riche en péripéties, et suffisamment documenté pour que la fiction soit plausible... ce qui est loin d'être le cas de tous les romans à suspens. Alors, même si je suis forcément de parti-pris lorsque l'auteur est l'un de mes amis, j'ai été suffisamment entraînée par le livre pour le lire d'une seule traite, et ne peux que vous le recommander.
Côté blogueurs, je n'ai trouvé que deux critiques, une positive, l'autre mitigée. Mais sur Polars Pourpres, il est noté 8/10.
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22.6.10
Les mystères de Pompéi, de Cristina Rodriguez
Quand le "lieu du crime" est Pompéi, avant l'éruption du Vésuve, et que l'auteur est une collègue d'un de mes plus chers amis, qui me recommande la lecture, je n'hésite pas, je plonge.Alors oui, c'est le bonheur de voir s'animer les rues et les maisons d'une ville dont les ruines sont parmi les plus belles et les plus émouvantes du monde, du moins de celles que j'ai eu la chance de visiter. Qui plus est lorsque l'auteure est une historienne spécialiste de la période dont elle parle : on peut donc se dire que ce qu'elle décrit est assez plausible, et que la vie quotidienne de la cité est bien restituée. J'ai pensé à l'excellente série "Rome", dont j'ai regretté qu'elle ne se poursuive pas plus longtemps.
Kaeso, personnage principal de l'enquête policière, est un ancien garde prétorien déchu et envoyé comme chef de la milice locale à Pompéi, où tout le monde espère qu'il continuera de laisser ronronner la garnison, quelque peu disparate et surprenante par sa composition comme par son manque de discipline. C'est sans compter sur le bouillant tempérament du jeune homme, ma foi fort séduisant (sa belle cousine Concordia est d'ailleurs de mon avis), qui n'a pas l'intention de laisser impunis les crimes qui se succèdent à un rythme effrayant dès son arrivée dans la cité. Il est bien certain qu'il ne s'agit pas de simples règlements de comptes entre ivrognes, comme le prétend le préfet Septimus, et il le prouvera.
Le récit est bien enlevé, l'enquête pleine de rebondissements, et le roman nous permet au passage de faire connaissance avec quelques têtes couronnées de l'époque.
J'ai bien aimé, et je pense que je lirai d'autres ouvrages de cet auteur, même si j'ai été irritée par certaines facilités de style, quelques répétitions, voire incohérences, qui laissent par moment l'impression d'un travail un peu bâclé.
Certes, ce n'est qu'un roman policier. On aimerait cependant que les éditeurs soignent un peu mieux les relectures. Je suis sans doute emmerdante et vieux jeu, mais trouver de plus en plus de fautes dans les ouvrages imprimés me choque. A la fois parce que la lecture constitue un moyen de consolider sa connaissance de la langue, et que les livres ne peuvent plus tenir ce rôle de "référents" lorsqu'on y trouve de plus en plus d'erreurs. Mais aussi parce que c'est, une fois de plus, le résultat probable d'une recherche de productivité et de profitabilité toujours accrue dans nos économies occidentales, qui font que l'on n'accorde jamais assez de temps aux gens pour bien faire leur travail... quand même on n'en arrive pas à le confier à des équipes qui n'ont pas toutes les compétences requises, mais le grand avantage d'être, pour cette raison même, moins bien payées. Bon, j'en finis (pour aujourd'hui) avec ma diatribe contre les dévoiements du capitalisme triomphant qui finira par nous envoyer tous dans le mur...
Ryû a apprécié... mais formule comme moi certaines critiques sur le style.Il y a sans doute d'autres commentaires de lecteurs sur le Net... mais pour aujourd'hui, j'ai la flemme de les chercher (!!!)
Pour en savoir plus, et identifier les autres ouvrages de Cristina Rodriguez, vous pouvez consulter le site dédié à Kaeso le prétorien, où j'ai d'ailleurs trouvé ma jolie photo de la non moins jolie auteure ;-)
Pour ceux qui veulent continuer à suivre les aventures de ce centurion plein de vie, PetitePom vous recommande "Meurtres sur le Palatin".
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