2.11.08

Le fiancé de la lune, d'Eric Genetet

Bon, je suis à la bourre pour rédiger ce billet : ça fait bien trois semaines que Chez les Filles m'a envoyé le bouquin.

Pourtant, il n'est pas long à lire, 125 pages, d'une écriture brève et rapide comme un torrent sur les cailloux. C'est juste moi qui n'avais pas le temps, noyée sous le flot de quotidiens multiples pour lesquels je ne dispose cependant, comme le commun des mortels, que de 24 heures par jour... Alors la belle couverture aux couleurs chaleureuses est restée sur mon bureau, me narguant gentiment.

Les premières pages du livre m'ont irritée. L'écriture me semblait artificielle, cliché, mec qui veut faire celui qui vit avec son temps. Pfff, encore un bouquin de journaliste intoxiqué par le "parler jeune" et le ton faussement enjoué des magazines. La manière dont le personnage est campé, célibataire endurci qui ne s'attache nulle part ni à personne, puis qui comme par hasard rencontre "la" femme avec qui il va vivre un conte de fées, ça ressemblait à un scénario bâclé. Les dialogues, et les textos d'amoureux transi, on les aurait sûrement trouvés touchants si dans la vraie vie un amoureux nous les avait envoyés, mais sur le papier, ça ne fonctionnait pas vraiment... J'ai failli lâcher le bouquin à mi-chemin, en me disant que j'avais d'autres choses plus importantes à faire. Mais comme le roman est court, j'ai décidé de le terminer. Après tout, c'est un premier roman, on peut peut-être pardonner quelques maladresses...

Le roman prend de l'épaisseur quand le narrateur devient père. Qu'il commence à se coltiner avec la vie, la vraie, les pieds dans la glaise, les comptes à régler avec sa propre histoire avant de pouvoir prendre en charge son rôle de parent, les souvenirs qu'on avait noyés dans le mouvement perpétuel d'une vie artificielle toujours entre deux avions ou deux soirées trop arrosées qui remontent à la surface, et dont il faut accepter le sens qu'on n'avait jamais voulu leur voir vraiment.

A ce moment là, on se dit que peut-être le cliché ressemble à un archétype, même s'il aurait sans doute pu être un peu plus travaillé, même si le "roman d'initiation" est un peu trop à la mode en ce moment, et qu'il a sans doute été mieux traité par d'autres.

Je ne vous raconte pas la fin, qui vous tombe dessus comme au(x) héros de l'histoire, et peut-être suis-je trop bon public, mais elle m'a touchée. Le narrateur y semble plus réel, plus incarné, comme si l'auteur s'était dépêché de raconter le début, juste pour en arriver à ce point clef qui en effet donne son sens au roman... Comme si on vivait un peu n'importe comment jusqu'à ce que des choses vraiment importantes vous obligent à prendre la vie au sérieux...

Qu'en pense la blogosphère ? Eh bien, les quelques avis que je viens de lire sont partagés de manière quasiment caricaturale : les hommes aiment beaucoup (Daniel Riot, Trois cafés), et les femmes sont plus ou moins comme moi, pas emballées par la première partie, davantage touchées par la fin du roman (Karine et ses livres, Clavier bien tempéré, Miss Alfie, Cinquième de couverture, Clarabel), parfois plus sévères (La vie en rouge).

Amusant, non, cette ligne de partage ? Les hommes modernes seraient-ils devenus solubles dans l'eau de rose, pendant que les femmes creusent leur sillon dans la terre ferme et veulent du consistant ?

Ne manquez pas de me faire savoir ici ce que vous avez pensé de ce bouquin, pour voir si la théorie se confirme ;-) Mais un petit conseil : si vous avez l'intention de lire le livre, ne lisez pas les billets des filles auparavant, je trouve qu'elles en disent un peu trop sur le contenu du bouquin, et du coup, ça déflore un peu le plaisir de lecture...

4 commentaires:

lavieenrouge a dit…

Tout à fait d'accord! ne jamais lire les critiques des autres avant de faire la sienne. C'est ça qui est intéressant.

Gérard a dit…

Bivouac littéraire sur http://poetaille.over-blog.fr
Venez comme vous êtes !

BlueGrey a dit…

Tout comme toi j'ai été irritée par le style télégraphique très pauvre du début du roman. La seule raison qui m'a retenue de refermer ce livre avant la fin est que dès le début on sent une ombre planer sur cette histoire. La concrétisation de cette ombre rend la seconde partie du roman plus intéressante, quoique franchement prévisible...

sally5 a dit…

Après avoir avoir lu votre roman, la pércéption de ma vie à changer, biensure en positive. J'ai aimé votre style d'écriture, c'est une inspiration pour que je puisse à mon tour écrire un roman sur ma mère, l'expetionnelle .

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