7.12.08

La Signora Wilson, de Patrice Salsa

J'aime Rome. Je me demande d'ailleurs qui pourrait ne pas aimer la ville éternelle. J'ai eu la chance d'y aller déjà trois fois, et je sais que j'y retournerai encore, et ce sera toujours avec le même plaisir. C'est Antonioni, avec Identification d'une femme qui m'a rendue amoureuse de cette ville. C'est parce que je vis avec un Italien que j'ai la chance de la connaître, et d'y retourner régulièrement.

C'est parce qu'il se passe à Rome que j'ai acheté ce livre, car je ne me lasse jamais de lire des descriptions de cette ville, ou simplement de visualiser les rues, places et monuments cités. Une pointe de mystère aussi m'avait intriguée dans la présentation du livre, où il est question d'une "étrange machination organisée par la Signora Wilson", que divers correspondants demandent au téléphone à ce jeune Français, récemment installé dans un palazzo romain, alors qu'il vient de prendre ses fonctions dans une ambassade... où tout le monde semble à peu près aussi dilettante que lui.

Le jour où démarre le roman, il se fait renverser par une voiture en traversant le largo Torre Argentina (une belle place avec de mystérieux vestiges antiques envahis par les chats errants, et l'une de mes boutiques préférées, la librairie Feltrinelli). Curieusement, il se sort indemne de l'accident, il a seulement des douleurs répétées et persistantes dans la mâchoire. Mais le quotidien du jeune homme bascule alors dans l'étrange, où les souvenirs d'enfance se mêlent à des évènements surprenants, où d'improbables coïncidences s'accumulent, sans que ni le narrateur, ni le lecteur ne parviennent à pénétrer le mystère, qui se dénoue seulement à la fin, en quelques phrases qui éclairent tout le reste...

L'écriture est belle, avec un vocabulaire luxuriant qui fait une large part à des mots rarement employés, comme "singlet" pour désigner un maillot de corps, ou encore la débauche de noms de couleurs qu'il emploie pour décrire les robes d'une étonnante boutique de vêtements de soirée. Qui sait que le satin "ponceau" est rouge comme le coquelicot ? Elle est aussi très sensuelle, voire très crue parfois, et j'aime bien ce contraste avec le vocabulaire précieux. L'auteur est sans doute érudit, mais il use de son érudition avec suffisamment de parcimonie pour ne pas indisposer le lecteur.

Bref, j'ai bien aimé, et vous recommande la lecture de ce bref ouvrage qui se lit en un dimanche après-midi. C'est vrai que je suis rarement déçue par les choix d'Actes Sud, où le contenu des livres est la plupart du temps à la hauteur des belles couvertures...

Je partage assez l'avis de Cléanthe, dont je découvre le blog en cherchant des critiques de ce livre, et ma foi, je vais aller fouiller un peu, car ce lecteur semble partager quelques uns de mes goûts (Somoza, Pamuk, Perez-Reverte...). Chez Homo-Libris, on a moins aimé que le premier roman de Patrice Salsa, Un garçon naturel... que du coup je vais peut-être bien inscrire sur ma liste de lecture... La critique de Sitarmag est en revanche franchement positive, et assez bien écrite, quoique peut-être un peu trop bavarde pour être lue avant le livre... On pourra donc, comme moi, se contenter de la 4ème de couverture, dont le texte est donné sur le site d'Actes Sud.



Edit du 8 décembre

Le second commentaire de ce billet est signé PS. Patrice Salsa ? Sans doute, compte tenu de sa teneur... En tous cas, il offre un très joli lien, vers les musiques citées dans le livre, que le narrateur écoute en boucle... Etonnant d'ailleurs que je n'en aie pas parlé dans mon billet... parce que je partage pas mal des goûts de ce narrateur, connaissais la plupart des musiques (et je suis ravie de découvrir les autres), et que j'ai moi aussi la manie d'écouter en boucle les musiques que j'aime. Pas pour les mêmes raisons que le héros du livre cependant (mais en fait je ne sais pas pourquoi je le fais :-)
Toujours est-il que vous pourrez ainsi lire en musique, ce qui ma foi est très agréable, et m'inciterait presque à reprendre le livre une seconde fois.

4 commentaires:

Jules a dit…

Et la couverture!!! Je lis beaucoup de livres pour leur couverture et celle-ci me plaît énormément!! Et Rome? Je n'y connais rien, ce serait un bon début...

PS a dit…

Merci pour cette critique (pour avoir pris le temps de la faire, et pour ce qu'elle contient).
Pour compléter votre lecture, voici les musiques citées dans La Signora Wilson.
Bien cordialement.
http://jmaparis.free.fr/SW-LaCompil/

Alwenn a dit…

Tu viens de me donner une furieuse envie de le découvrir ! Et notamment grâce au mot magique Rome. J'adore cette ville, et comme toi, j'y suis allée trois fois. Je note donc le roman !

PS : ce ne serait peut-être pas idiot de penser que c'est l'auteur lui-même qui a laissé un message...

PS a dit…

Il faut vraiment, alors, que je fasse cesser cet insoutenable suspense...
Oui, c'est bien l'auteur qui vous a laissé ce lien avec les musiques de La Signora Wilson.
Il sera ravi de vous répondre si vous lui écrivez.
Vous connaissez mon prénom, vous connaissez mon nom ; vous ajoutez un point entre, et @free.fr ensuite, et ça vous donnera mon email.
Cordialement.

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