26.8.07

Le Cercle de la Croix, de Iain Pears

J'ai finalement moins lu que je ne l'aurais cru durant ces vacances. J'avais plutôt la tête aux créations textiles cette année. Mais j'ai quand même enfin lu ce pavé qui attendait dans ma bibliothèque depuis... sa sortie quasiment. Ce livre a souvent été présenté comme aussi passionnant que Le Nom de la Rose, et c'est d'ailleurs de cette manière que le libraire me l'avait vendu.

L'action se déroule à Oxford, en Angleterre, au XVIIème siècle. Les intrigues locales s'entremêlent avec l'histoire du Royaume-Uni (c'est l'époque de la restauration du pouvoir royal après le gouvernement de Cromwell), et nous sont contées par quatre narrateurs successifs : Marco da Cola, fils d'un négociant vénitien venu en Angleterre remettre de l'ordre dans les affaires londonniennes de son père, Jack Prestcott, jeune noble qui tente de réhabiliter le nom de son père disgrâcié pour trahison, John Wallis, mathématicien, professeur à Oxford, et cryptographe pour le compte du gouvernement, et enfin Anthony Wood, jeune historien.

Tout les ingrédients d'un thriller historique sont réunis : empoisonnement à l'arsenic d'un prêtre enseignant à Oxford au moment où il est susceptible de se voir confier une charge bien rémunérée et convoitée par d'autres, troubles politiques et intrigues pour le pouvoir au plus haut niveau de l'état, mysticisme et sorcellerie... ou supposée telle. Les personnalités réelles, dont les deux derniers narrateurs, se mêlent habilement aux personnages de fiction, créés par l'auteur sur la base d'individus ayant réellement existé. Et chaque narrateur nous donne à voir une nouvelle facette de l'histoire, le dernier nous dévoilant finalement la clef des intrigues successives. On voit au passage comment chacun interprête les faits selon les éléments dont il dispose et ses propres convictions, voire les manipule en fonction de ses propres mobiles, cherchant à mettre en avant sa "vérité". La construction du roman est impeccable, suffisamment complexe pour capter l'intérêt, pas trop pour qu'on ne s'y perde pas.

Bref, une belle mécanique, à laquelle je ne vois rien à reprocher. Sauf que personnellement, je ne suis pas vraiment "entrée" dedans, sans vraiment comprendre pourquoi : je n'ai détecté aucun défaut formel à ce roman, si ce n'est peut-être une trop grande homogénéité de ton entre les différents narrateurs, dont aucun ne m'est apparu particulièrement attachant, sauf peut-être le dernier, qui en outre dénoue tous les fils de l'intrigue, ce qui rend bien sûr son récit plus captivant. Mais peut-être n'étais-je pas dans l'état d'esprit ad-hoc ?

J'adhère assez aux critiques du Club des rats de biblio-net, même si je mettrais une note légèrement moins élogieuse. Owen est carrément enthousiaste, et les critiques du Guide de la bonne lecture sont dans l'ensemble positives, même si certains mélangent tout... ou n'ont pas eu le courage de le lire en entier. Et vous, vous en pensez quoi ?

7 commentaires:

Marco a dit…

Tu dies et je cite "si ce n'est peut-être une trop grande homogénéité de ton entre les différents narrateurs, dont aucun ne m'est apparu particulièrement attachant, sauf peut-être le dernier"

Ca confirme ce que tu disais c'est a dire que ta lu entre les lignes ( et ta du rien comprendre ).
Tu seras que chacun a un ton bien a lui.
Marco de cola -> vocabulaire et syntaxe trés agréable , ton assez calme et posé
Jack -> ton assez rapide et vocabulaire plus dans la "moyenne " , notamment dans les dialogues
DrWallis => surement le meilleur ton , qui nous entraîne avec ces déductions qui paraissent logique
Anthony -> pas de commentaire tellement la fin est bien

Helene a dit…

,-) Je n'ai pas "lu entre les lignes", et rien je pense ne permet d'affirmer que je n'ai rien compris au livre, j'ai seulement dit que je n'avais pas été passionnée comme tu sembles l'avoir été, chacun ses goûts !

Marco a dit…

bé si puisque que t'a dit que les narrateurs n'étaient pas attachant :)

Marco a dit…

Au fait est ce que tu as lu le songe de scipion , j'aimerais bien l'acheter mais je trouve pas trop d'avi sur internet

Helene a dit…

Désolée Marco, je n'ai pas lu le songe de Scipion. J'espère tu tu trouveras des lecteurs pour t'en dire plus sur ce livre que je ne connais pas.

Marco a dit…

ok pas grave , en fait c'est un livre écrit également par Ian Pears où il raconte "trois histoires, se déroulant à trois périodes différentes, se relaient tout au long de ce gros roman dont on ne perd jamais le fil. A la fin de l'Empire romain, au Ve siècle après Jésus-Christ, l'évêque de Vaison-la-Romaine, Manlius Hippomanes, écrit un sulfureux essai de philosophie intitulé Le Songe de Scipion. Lors de la Grande Peste du XIVe siècle, Olivier de Noyen, un poète installé en Avignon au service d'un puissant cardinal favorable à Rome, découvre avec stupeur le manuscrit d'Hippomanes. Sous l'occupation nazie en Avignon, enfin, Julien Barneuve, un intellectuel érudit, spécialiste d'Hippomanes et de Noyen, doit choisir entre collaboration et résistance. La réponse à la question de l'engagement réside-t-elle dans le mystérieux manuscrit de l'étrange évêque? "

Ca a l'air pas mal l'histoire

La Nymphette a dit…

J'ai été complètement hermétique à ce roman malgré une tentative sur plus de 150 pages, comme quoi "g lu entre les lignes oci" aparemment :-)

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