Poursuivons donc avec Alessandro Baricco, dont le dernier titre "Sans Sang" ("Senza Sangue" en italien) vient de sortir en poche. Encore un petit livre qui se lit rapidement. Nous sortons du roman initiatique, mais pas du questionnement philosophique...
Comment faire pour donner un aperçu du livre sans trop déflorer le sujet, qui contient une sorte de suspens ? Comme sur la couverture du livre, ne donnons qu'une idée du début, qui se passe en pleine campagne, et où l'on comprend vite qu'on va être témoin d'une attaque armée dont on ne nous dévoilera le mobile que par petites touches... Puis nous suivrons le destin des personnages, un peu à la manière des westerns italiens (certaines scènes évoquent curieusement "Il était une fois dans l'Ouest", même si ni le lieu ni l'époque n'ont rien à voir).
Une belle écriture, des phrases courtes, sans fioritures inutiles. Mieux écrit que le Fermine : comme quoi on ne peut pas perpétuellement comparer les deux auteurs. Et je confirme après lecture de ce livre : celui que je préfère, c'est bien Baricco !
Qu'en pensent les autres ? Les avis sont partagés, et parfois "saignants"... Enthousiaste sur Voir ça, très critique dans L'Express Livres (côté journaliste) mais beaucoup plus positif côté lecteurs, mitigé sur Critiques libres et Critiques ordinaires.
30.10.04
10.10.04
Opium, de Maxence Fermine
Tout le monde rapproche Maxence Fermine d'Alessandro Baricco (cf une autre critique d'Opium trouvé sur une page perso). J'ai moi même lu "Neige" de Fermine parce-que j'avais adoré "Soie", et j'ai lu "Opium" parce-que j'avais aimé "Neige".Il s'agit de romans initiatiques, genre à la mode ces temps-ci (voir le succès de "L'alchimiste" de Paulo Coelho). Quête d'un secret ou recherche d'une perfection, qui fournit l'occasion de rencontrer l'Amour pour une femme mythique... même si la rencontre est éphémère. Mais il est sans doute difficile de se renouveler dans un genre qui relève d'un procédé, et même si "Opium" est un livre agréable, je n'ai pas retrouvé la même intensité de plaisir que dans "Neige", ni la même magie que dans "Soie", que je vous recommande tout particulièrement si vous ne l'avez pas encore lu.
Comme tous ces livres contiennent une morale philosophique, je ne résiste pas et vous proposer la mienne : "sachons goûter des plaisirs rares, sans chercher à les renouveler sans cesse, il n'en seront que meilleurs" !
Les âmes grises, de Philippe Claudel
Prix Renaudot 2003, Prix des lectrices de Elle 2003... Pas forcément le genre de littérature que je lis habituellement : je me méfie des prix littéraires. Mais il me faisait de l'oeil sur la table de la bibliothèque de prêt que je fréquente épisodiquement, alors, je l'ai lu... et au fond je n'ai pas grand chose à en dire.Le style est efficace, original, et crée une ambiance très spécifique, et très homogène d'un bout à l'autre du roman. L'auteur ne ménage pas ses personnages, et les croque même parfois avec férocité. Mais, même si bien sûr j'ai cessé de croire depuis longtemps que les humains étaient noirs ou blancs, j'ai achevé le livre un peu accablée : sommes-nous tous aussi gris que ces personnages ? Les relations humaines sont-elles si lourdes, toujours ? Bien sûr, le narrateur n'a plus vingt ans, et il est vrai qu'avec les années, on perd pas mal de ses illusions, et son insouciance aussi. Mais il n'est dans ce livre aucun personnage que j'aurais aimé être, dont j'aurais pu supporter la vie... Alors bien sûr, l'histoire est bien ficelée, on a envie d'en connaître le fin mot, même si je m'inscris en faux sur l'idée de "suspens à la Simenon" évoquée par certains critiques, et ça vous porte malgré tout jusqu'à la fin du livre. Mais elle laisse un goût amer dans la bouche, et peut-être en ce moment ai-je davantage envie d'être distraite...
D'autres avis, souvent plus enthousiastes que le mien, dans la revue Lire, et sur Alapage.
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